Chaque troisième lundi de janvier, un nom revient dans les médias : le Blue Monday, censé être le « jour le plus déprimant de l’année ».
Inventé en 2005 par une campagne publicitaire de Sky Travel, le concept reposait sur une équation pseudo-mathématique combinant météo morose, dettes post-fêtes et abandon des bonnes résolutions. Si la formule n’a aucune validité scientifique, le sujet, lui, touche une corde sensible pour les DRH : la santé mentale et la baisse de régime des équipes en début d’année.
Le psychologue à l’origine du concept, Cliff Arnall, a lui-même reconnu que sa formule ne reposait sur rien de tangible. Pourtant, le Blue Monday cristallise un cocktail de facteurs saisonniers bien réels :
Même si le “jour le plus triste” n’existe pas scientifiquement, il agit comme un révélateur des périodes de fragilité émotionnelle que traversent les collaborateurs.
Il est dangereux de réduire le mal-être au travail à une simple date sur un calendrier. La réalité est plus structurelle.
Comme nous le relations dans notre analyse du Quality of Work Index 2024, le mal-être ne s'arrête pas au mois de janvier. Au Luxembourg, 51 % des salariés du secteur privé signalent déjà un niveau de souffrance psychique accru ou élevé, et près d'un tiers sont en risque de burnout.
Le "Blue Monday" n'est donc pas la cause du problème, mais il peut agir comme un déclencheur ou un point de bascule pour des collaborateurs déjà fragilisés par un contexte tendu.
Plutôt que d'ignorer le phénomène, les DRH peuvent utiliser ce "signal marketing" comme un levier pour réengager les équipes dès le début de l'année :
Le Blue Monday est un mythe, mais les facteurs qu’il met en lumière (motivation, équilibre vie pro/perso, santé mentale) sont des enjeux quotidiens. Les entreprises performantes ne sont pas celles qui redoutent le troisième lundi de janvier, mais celles qui, comme le suggèrent les données du Quality of Work Index, surveillent leur climat social toute l'année.